Les ruines de My Son : un trésor du patrimoine mondial
Histoire et origines des ruines de My Son
Niché au cœur de la vallée de Quang Nam, au Vietnam, le sanctuaire de My Son se dresse comme un joyau archéologique d'une splendeur intemporelle. Ce site, classé au patrimoine mondial de l'UNESCO en 1999, se révèle être le témoin silencieux d'une civilisation raffinée : le royaume de Champa. Le site abrite les vestiges de plus de 70 temples hindous construits au fil des siècles par les souverains Chams.
Entre le IVe et le XIVe siècle, My Son a servi de centre religieux et politique à ce peuple ingénieux. Ses temples, construits avec une précision remarquable et une esthétique saisissante, constituaient le cœur de la vie spirituelle et culturelle cham. L'architecture de My Son, caractérisée par ses tours en briques rouges dressées vers le ciel et ses sculptures grésilles d'une finesse remarquable, s'inspire profondément de l'hindouisme, religion dominante du royaume. Chaque temple, dédié à une divinité spécifique du panthéon hindou, comme Shiva, Vishnu ou Krishna, reflétait les croyances et les rituels élaborés des Chams.
L'Influence de la Culture Cham sur les Monuments
Les temples de My Son reflètent l'influence profonde de la culture cham, une civilisation qui a su intégrer diverses influences étrangères, notamment indiennes, pour créer une identité culturelle unique. L'art cham, visible dans les sculptures, les bas-reliefs et l'architecture des temples, témoigne d'une symbiose entre les croyances locales et les traditions importées. La finesse des détails artistiques, notamment les représentations de divinités hindoues, de danseurs et de créatures mythologiques, illustre la richesse culturelle et religieuse de la société cham.
Une signature architecturale unique et évolutive
Les temples de My Son, construits entre le IVe et le XIIIe siècle, montrent une évolution architecturale remarquable qui reflète les changements politiques, culturels et religieux du royaume de Champa.
Au départ, les constructions étaient simples, avec des tours en briques rouges ornées de sculptures minimalistes. À cette époque, l'utilisation de la brique comme technique de construction était peu répandue en Asie du Sud-Est et faisait de ces monuments des architectures très originales.
Au fil des siècles, les temples sont devenus plus complexes, incorporant des influences khmères et indiennes, avec l'ajout de tours à plusieurs niveaux, de toits en pierre et de sculptures d'une grande sophistication. Chaque période a apporté son style distinct, résultant en un ensemble diversifié et harmonieux de structures religieuses. Sept styles architecturaux distincts ont été recensés, chacun présentant ses propres caractéristiques en termes de structure, de décoration et de matériaux de construction.
- Premier style (IVe-VIe siècles) : Les débuts de l'architecture cham se caractérisent par des tours en briques relativement simples et une sobriété dans les décorations.
- Seconde style (VIIe-VIIIe siècles) : Cette période marque l'âge d'or de My Son, avec l'édification de temples de taille imposante et des ornements d'une grande finesse.
- Troisième style (IXe-Xe siècles) : L'influence khmère se fait sentir, notamment avec l'apparition de toits en pierre et de sculptures d'une grande finesse.
- Quatrième style (XIe-XIIe siècles) : Un retour à la simplicité des formes et des décors est observé.
- Cinquième style (XIIIe siècle) : L'utilisation de grès plus fins et de sculptures d'une grande précision devient la norme.
- Sixième style (XIVe siècle) : Le déclin du royaume de Champa se traduit par des constructions de moindre envergure.
- Septième style (XVe-XVIIIe siècles) : L'abandon progressif du site de My Son met fin à la construction de temples majeurs.
My Son constitue un héritage inestimable pour la compréhension de l'histoire et de la culture de l'Asie du Sud-Est. L'exploration de ses ruines permet d'apprécier le savoir-faire architectural ingénieux des Chams, leur raffinement artistique et leur profonde dévotion religieuse.
La période de déclin et les raisons de la destruction des temples
L'impact politique sur les ruines de My Son
Au cours des siècles, les temples de My Son ont subi plusieurs vagues de destructions, principalement dues aux guerres, aux invasions, et aux catastrophes naturelles. Le déclin du royaume de Champa à partir du XIIIe siècle a eu un impact direct sur la construction et l'entretien des temples de My Son. Les invasions répétées des Vietnamiens du nord et des Khmers du sud ont fragilisé le royaume et réduit ses ressources. Les conflits internes et les luttes de pouvoir ont également contribué à l'affaiblissement du royaume. Les différentes factions Chams se disputaient le pouvoir et les ressources, ce qui limitait les investissements dans les infrastructures religieuses.
Parallèlement aux bouleversements politiques, le royaume de Champa a connu une transformation religieuse importante à partir du XIVe siècle. L'hindouisme, qui avait dominé la religion et la culture Chams pendant des siècles, a commencé à perdre de son influence au profit de l'islam. La conversion à l'islam a eu un impact significatif sur la construction et l'entretien des temples de My Son. Les nouveaux souverains musulmans ont cessé de financer les projets de construction hindoue et ont parfois même ordonné la destruction de temples existants.
L'abandon progressif du site après le déclin du royaume de Champa a également contribué à la détérioration des structures. Cependant, des efforts de restauration ont été entrepris, notamment par les Français au début du XXe siècle, puis par les autorités vietnamiennes et des organisations internationales après l'inscription de My Son au patrimoine mondial de l'UNESCO en 1999. Ces restaurations ont permis de préserver une grande partie des temples, offrant ainsi aux visiteurs un aperçu précieux de l'ancienne splendeur du site.
Visiter les ruines de My Son : un voyage dans le temps au cœur d'une civilisation perdue
Parmi les nombreux temples et monuments du parc archéologique de My Son, certains se distinguent par leur beauté et leur importance historique :
- Le temple F1 : Le plus grand et le mieux conservé des temples de My Son, construit au Xe siècle.
- Le groupe E1 : Un ensemble de temples datant du VIIIe au Xe siècle, entourés d'une enceinte fortifiée.
- Le temple K : Un temple dédié au dieu Shiva, construit au IXe siècle et connu pour ses sculptures raffinées.
- Le temple B1 : Un temple dédié à la déesse Durga, construit au Xe siècle et célèbre pour sa tour en briques rouges.
- Le musée de My Son : Un petit musée qui présente des objets archéologiques provenant des temples de My Son.
Informations pratiques pour votre visite
Les ruines de My Son se situent à environ 40 km de la ville de Hoi An et il est possible de s'y rendre en taxi, en moto ou en bus depuis Hoi An ou Da Nang. Des excursions organisées sont également disponibles au départ de ces deux villes.
La meilleure saison pour visiter My Son est pendant la saison sèche, qui s'étend de novembre à avril. Durant la saison des pluies (mai à octobre), il fait très humide et plus chaud et certains sentiers peuvent être impraticables.